Jimmy Lussier, CPA, CMA, CRM Martin Decelle, B.A.A., CRM

Votre tolérance au risque se reflète-t-elle sur votre contrat d’assurance?

Martin et Jimmy sautent d’un avion à plus de 20 000 pieds d’altitude. Martin a évidemment son parachute alors que Jimmy dit ne pas en avoir besoin lors de son saut. Selon vous, qui prend la décision la plus risquée?

Tout d’abord, le risque est défini comme étant l’incertitude par rapport au résultat d’un événement, celui-ci pouvant être positif ou négatif. Vous avez alors choisi la bonne réponse : Martin. Dans le cas de Jimmy, il y a certitude par rapport au résultat final, c’est-à-dire que malheureusement, celui-ci s’écrasera brutalement au sol. Dans le cas de Martin, il y a incertitude par rapport au résultat de son atterrissage. Mais qu’en est-il de l’assurance? Est-elle essentielle aujourd’hui avec tous les phénomènes météorologiques et les accidents quotidiens? Est-elle vraiment un outil pour contrer cette incertitude? La réponse est évidemment oui, mais chacun d’entre nous réagit différemment face à une situation incertaine. Certains aimeront mieux avoir le plus de protections possible pour bien dormir sur leurs deux oreilles et ainsi transférer le risque à un assureur. D’autres, eux, préféreront obtenir une protection de base en assumant un plus grand risque. Vous reconnaissez-vous dans l’un de ces deux profils?

Profil «Transfert»

Cherchez-vous toujours à obtenir la franchise la plus basse possible? Si oui, votre tolérance au risque est moindre et vous préférez transférer la possibilité d’une perte financière à un assureur. Plus vous diminuez votre franchise, plus vous utilisez une technique de transfert. Vous cherchez alors une protection complète pour éviter une mauvaise surprise. En d’autres mots, vous n’hésiteriez pas longtemps avant d’ouvrir un dossier de réclamation sachant bien qu’une majoration de la prime serait possible l’année suivante. Il serait intéressant pour vous de valider le montant que vous seriez prêts à assumer en cas de réclamation et d’ainsi conclure si votre franchise est adaptée à votre situation. N’hésitez pas non plus à demander à votre courtier Lareau combien vous pourriez économiser dans le cas d’une augmentation de franchise.

Profil «Rétention»

Pour d’autres, vous optez pour une stratégie de rétention qui consiste à assumer un plus grand risque financier via vos liquidités personnelles. De votre côté, vous vous dites qu’en cas de sinistre, vous serez aptes à vous débrouiller pour réparer les dégâts. Vous êtes donc plus ‘’gamblers’’ de nature et vous êtes prêts à assumer les conséquences financières d’un sinistre via votre argent de poche plutôt que d’impacter votre dossier d’assurance. Vous êtes bien entendu un groupe qui a moins d’aversion au risque et une franchise basse vous serait alors déconseillée.

Bien franchement, il n’y a pas de mauvais profil, mais vous devez vous assurer d’avoir un dossier d’assurance adapté à votre situation. Il n’en reste pas moins qu’en général, peu importe votre témérité face au risque, le but ultime est d’éviter une réclamation. La majorité d’entre nous utilise alors inconsciemment des techniques de contrôle pour se protéger.

Les techniques de contrôle

Mais peut-on vraiment contrôler un risque? Peut-on maîtriser un événement qui n’est pas encore survenu? Évidemment que non. Par contre, nous pouvons nous préparer à toute éventualité. Comme le dit le bon vieux proverbe, « mieux vaut prévenir que guérir ». Comment?

  • En premier lieu, la technique de contrôle la plus répandue est bien entendu la prévention. Elle peut consister à changer le chauffe-eau avant le 10 ans de durée de vie utile ou encore remplacer la toiture de bardeaux avant son 20ème anniversaire. La prévention est en fait une façon de réduire la fréquence de risques. L’installation d’un système d’alarme ou l’ajout d’une pompe submersible d’urgence sont aussi  des moyens de prévention très efficaces.
  • En deuxième lieu, nous pouvons recourir à une technique d’évitement. Celle-ci consiste à ne pas entreprendre une action dans le but de supprimer l’exposition à un risque. Prenons l’exemple d’une personne craintive face aux inondations qui est d’ailleurs une exclusion d’un contrat d’assurance personnelle. La solution d’évitement est en fait très simple : ne pas acheter une maison près d’un cours d’eau ou un lac. Ceci peut paraitre anodin, mais cette décision permet à l’assuré d’avoir l’esprit tranquille en refusant son exposition à ce risque.
  • En troisième lieu, une technique de réduction peut être utilisée pour minimiser les dégâts en cas de sinistre. Certaines compagnies spécialisées offrent dorénavant des produits qui permettent de couper l’alimentation d’eau lorsqu’un dégât est détecté. Peu importe votre stratégie, sachez que toutes ces techniques sont efficaces et nécessaires pour éviter de se retrouver dans un bourbier.

En résumé, l’important n’est pas de vous étiqueter comme un assuré prudent ou audacieux, mais bien de choisir les protections et les franchises qui vous conviennent selon la tolérance que vous avez face au risque. Sachez que peu importe votre aversion face à l’incertitude, les différentes techniques de contrôle sont essentielles pour éviter toute situation fâcheuse. Alors… le risque en vaut-il la chandelle?

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Jimmy Lussier, CPA, CMA, CRM Courtier en assurance de dommages Voir le profil
Martin Decelle, B.A.A., CRM Souscripteur - Service aux particuliers Voir le profil

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